Tâche / Task : une tâche de sprint est une unité de travail concrète et opérationnelle, issue du découpage d’une user story. Elle est généralement réalisable en quelques heures, rarement plus d’une journée.
Les tâches permettent à l’équipe d’organiser finement son travail à l’intérieur d’un sprint et de voir où en est chaque sujet. Elles constituent le niveau le plus fin du backlog de sprint, celui que l’équipe gère seule, sans arbitrage extérieur ni validation préalable.
Pourquoi limiter une tâche à quelques heures
La durée courte n’est pas une coquetterie méthodologique. Une tâche qui s’étale sur plusieurs jours ne donne aucun signal exploitable : elle reste « en cours » sans qu’on sache si elle avance normalement ou si elle est bloquée. Découper à l’échelle de quelques heures rend le blocage visible dès le lendemain.
C’est aussi une protection contre l’effet tunnel individuel. Une personne seule sur une tâche de cinq jours peut se tromper de direction pendant quatre jours sans que quiconque s’en aperçoive, alors qu’un point quotidien sur des tâches courtes ramène régulièrement le sujet dans la conversation.
Tâche et user story : deux niveaux, deux propriétaires
La user story exprime un besoin utilisateur et relève de la responsabilité du Product Owner. La tâche décrit un travail technique et appartient entièrement à l’équipe. Un Product Owner qui répartit les tâches sort de son rôle et affaiblit mécaniquement l’auto-organisation.
Certaines équipes expérimentées cessent d’ailleurs de découper systématiquement en tâches, lorsque leurs stories sont assez petites pour être suivies telles quelles. Le Scrum Guide ne mentionne d’ailleurs pas les tâches : le découpage n’est pas une obligation du cadre mais un outil : il perd tout intérêt dès qu’il devient une formalité de saisie dans un logiciel.
Le signe qu’il faut y revenir reste toujours le même : des stories qui stagnent plusieurs jours en colonne « en cours » sans que personne sache précisément ce qu’il reste à faire pour les terminer.