Nous sommes souvent notre propre manager le plus brutal.
Le discours intérieur que beaucoup de professionnels s’adressent après une erreur serait jugé inacceptable s’il venait d’un supérieur hiérarchique. « Je suis nul », « j’aurais dû voir venir », « tout le monde s’en est rendu compte ». Nous exigeons de nous-mêmes une perfection que nous n’imposerions à personne d’autre.
Cette sévérité ne rend pas plus performant : elle rend plus lent.
Un professionnel qui se juge durement passe une part de son énergie à gérer son anxiété plutôt que le problème. Il masque ses erreurs au lieu de les signaler tôt, et c’est précisément ce silence qui transforme un incident mineur en crise de projet.
• Parlez-vous comme à un collègue : Avant de vous adresser un reproche, demandez-vous si vous le formuleriez ainsi à quelqu’un de votre équipe. Si la réponse est non, reformulez.
• Séparez l’acte de la personne : « Cette estimation était fausse » est exploitable. « Je suis mauvais en estimation » ne l’est pas.
• Accordez-vous le droit à l’apprentissage : Vous ne reprochez pas à un junior d’apprendre. Ne vous le reprochez pas non plus.
La bienveillance envers soi n’est pas une complaisance. C’est la condition pour rester lucide, réactif et durable dans un métier exigeant.
Quel reproche vous adressez-vous aujourd’hui que vous ne feriez à personne d’autre ?
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